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Les hommes sont-ils infidèles par nature ?

« Les hommes sont naturellement infidèles. »

C’est ce qu’un homme infidèle m’a affirmé un jour, pour justifier que lui et la majorité de ses amis soient infidèles chroniques, presque poly récidivistes, tout en conservant un confortable sentiment de non-culpabilité.

Les hommes sont-ils infidèles par nature comme les animaux ?

Alors, oui, je vais jeter un pavé dans la mare.

Non pas pour accuser mais pour remettre un peu de discernement là où l’on confond trop souvent nature, pulsion, croyance et responsabilité.

Je tiens, au préalable, que vous soyez informé.e.s dès le départ que ma posture n’est ni celle du jugement ni celle de la morale.
Ma posture est phénoménologique et systémique. Je prends uniquement en considération les processus et les dynamiques ainsi que l’humain bien sûr.

Cela peut parfois être choquant. Cet article est donc destiné à un public averti qui accepte d’être confronté à ce qui fâche.

Mon travail n’est pas de faire plaisir ou de conforté. Il consiste à vous accompagner à prendre conscience des tenant et des aboutissants pour que vous puissiez reprendre pleinement votre pouvoir au lieu d’être baladé.e par la vie comme une plume par le vent.

Non, l’infidélité n’est pas une question de nature

Affirmer que les hommes seraient infidèles par nature est une idée séduisante, certes.
Cette affirmation est simple et elle décharge de toute responsabilité.
Et aussi et surtout, elle permet de s’abriter derrière un vernis pseudo-scientifique bien confortable.
Ce dernier permettant d’en ressortir presque blanchit sous couvert de ce n’est pas de ma faute, c’est le naturel qui veut ça !

Les hommes sont-ils infidèles par nature et la polygamie est-elle naturelle ?

L’argument biologique est bien connu.
L’homme, en tant que mâle de l’espèce humaine, aurait pour vocation de disséminer sa semence afin d’assurer la survie de l’espèce.
Donc l’infidélité serait normale, naturelle, inévitable. Elle ne serait que la manifestation d’une pulsion à laquelle il est impossible de résister car elle nous dépasse. Elle s’empare de l’homme et prend possession de lui.

Mais soyons honnêtes.

Si nous acceptons cet argument jusqu’au bout, cela revient à dire que l’être humain n’est qu’un animal soumis à ses instincts, incapable de continence, de discernement, de maîtrise et de choix conscient.

Autrement dit, ce n’est pas une preuve de nature… mais bel et bien un aveu de faiblesse.
C’est le témoignage en action d’une difficulté à se maitriser et de l’incapacité à garder le contrôle de soi-même.

L’humain n’est pas condamné à ses pulsions. Il n’est donc pas tenu d’être infidèle.

Ce qui distingue l’humain de l’animal, ce n’est pas l’absence d’instinct.
C’est la capacité à le contenir, le comprendre, l’orienter et parfois y renoncer.

Se raconter que l’on « ne peut pas faire autrement » revient à refuser toute responsabilité intérieure.
Libre à chacun de rester à ce niveau de fonctionnement.

Mais alors, si nous poussons cette logique jusqu’au bout, elle devient applicable à tous les domaines de la vie.

Les hommes sont-ils infidèles par nature alors que même les loups ne le sont pas ?

Cela signifierait que croiser une personne que je trouve attirante m’autoriserait à la « consommer » sur-le-champ, au simple motif que le désir est là.
Que convoiter la place sociale, professionnelle ou symbolique d’un autre me donnerait le droit de l’évincer, voire de l’écraser, pour satisfaire mon besoin d’appartenance ou de reconnaissance.
Que passer devant un restaurant en ayant faim m’autoriserait à me servir dans l’assiette d’un client déjà attablé, puisque l’élan est spontané et le besoin réel.

Absurde ?
Évidemment.

Et pourtant, c’est exactement ce raisonnement qui est mobilisé lorsqu’il s’agit de justifier l’infidélité par la « nature ».

Dans tous les autres domaines de la vie, nous reconnaissons la nécessité de règles, de cadres, de limites et de discernement.
Nous appelons cela vivre en société, et plus encore, évoluer en tant qu’être humain conscient.

Pourquoi la sphère intime et relationnelle ferait-elle exception ?
Mais appelons les choses par leur nom.

L’infidélité n’est pas une fatalité biologique.
Elle est le signe d’une difficulté.

D’ailleurs, vous noterez que pour illustrer l’article, j’ai utilisé l’image de loup. Or, le loup est un animal profondément fidèle. S’il change de partenaire, cela est uniquement lié à une raison systémique : un des partenaire meurt, le couple échoue à se reproduire et la loi de reproduction (composante systémique) est prioritaire pour être fidèle au clan. Ainsi, le loup nous montre que la part animale n’appelle pas nécessairement à l’infidélité ou la polygamie.

Fidélité et infidélité ne se définissent pas de manière universelle

Avant d’aller plus loin, une précision essentielle s’impose.

La définition de la fidélité au coeur de l'impression d'infidélité des hommes

Il n’existe pas une définition universelle de la fidélité.
Pour certains, elle est exclusivement sexuelle.
Pour d’autres, elle est émotionnelle, affective, énergétique, symbolique.
Certains couples font le choix du polyamour, d’autres de l’exclusivité stricte, d’autres encore prouve des accords hybrides.

L’infidélité n’existe donc qu’à partir du moment où un engagement, explicite ou implicite, est trahi.

Ce n’est pas la norme sociale qui fait l’infidélité.
C’est la rupture de l’accord.

Et il est extrêmement important de prendre cela en considération. Car la norme de l’un n’est pas le norme de l’autre. Et la norme de la société est celle qui a pu être définie par la loi. Si une telle loi dans ce registre existe.

L’infidélité comme symptôme d’un manque d’estime de soi

Dans ma pratique, un constat revient très souvent.

Une personne infidèle, homme ou femme, est rarement une personne profondément ancrée dans sa valeur.

Lorsque l’estime de soi est fragile, la reconnaissance ne vient pas de l’intérieur.
Elle est cherchée à l’extérieur, dans le regard, le désir, la conquête, la séduction.

Multiplier les partenaires devient alors une tentative inconsciente de prouver sa valeur, sa désirabilité, sa puissance, voire sa masculinité.

Ce n’est pas de la liberté. C’est une compensation. Bref il s’agit d’un comportement pathologique qui répond à une stratégie dysfonctionnelle.

Masculinité non ancrée et fuite dans la conquête

L'infidélité permette-t-elle à l'homme d'exprimer sa masculinité ?

Chez certains hommes, l’infidélité est intimement liée à une énergie masculine peu ancrée. Cela peut avoir différentes origines mais elle est généralement systémique.

Lorsque la masculinité intérieure est peu présente ou instable énergétiquement parlant, alors inconsciemment l’homme va chercher à prouver par tous les moyens qu’il est un homme à part entière.
Comme s’il était nécessaire d’exhiber des preuves. Alors, il cumulera les activités très masculines, un « job d’homme », une pilosité bien visible… et la multiplication des conquête en fait aussi partie. Il sème des preuves pour montrer qu’il est un homme, un vrai !.

La conquête devient un étalon de valeur.
Non pas par plaisir conscient, mais pour calmer une insécurité profonde.

Ce fonctionnement n’a rien de glorieux.
Il est surtout épuisant.
C’est comme cherche à combler un trou sans fond.

Loyautés familiales conscientes et inconscientes

Il serait incomplet d’aborder ce sujet sans évoquer davantage le poids des loyautés familiales.

Un homme peut reproduire inconsciemment l’infidélité d’un parent infidèle, par fidélité invisible.
Comme s’il disait intérieurement : « Par amour, je fais comme toi, je te suis loyal, je suis comme toi. »

À l’inverse, un homme dont un parent a profondément souffert de l’infidélité peut vivre dans une lutte intérieure permanente.
Oscillant entre rejet, peur, tentation et culpabilité. Ou en se retrouvant systématiquement dans des relations au sein desquelles il sera trompé.

Dans tous les cas, ce n’est pas la nature qui agit. Ce sont des loyautés non conscientisées ou celles qui sont encore actives.

L’infidélité est une question de conscience, pas de sexe

L’infidélité n’est ni masculine ni féminine.
Elle est profondément humainement souffrante. L’infidélité n’offre rien de plus, elle ne fait que retirer la part nourrissante d’une relation véritable. En vidant une relation de toute substance, elle retire la saveur de ce qui est plein, vrai, nourrissant et savoureux et parle de :

  • maturité affective.
  • capacité à se connaître.
  • rapport à la responsabilité.
  • lien à l’estime de soi et à la valeur.
  • niveau de conscience.
  • au sentiment d’être pleinement conforme à ce que je doit être

Rester fidèle n’est pas un effort héroïque.
C’est souvent le fruit d’un alignement intérieur.

Grandir plutôt que se justifier

La masculinité en puissance est-elle compatible avec l'infidélité ?

Certaines personnes n’aspirent pas à ce chemin de conscience.
Elles préfèrent s’abriter derrière des récits rassurants et biologisants.
C’est leur droit.
Malheureusement, il est fort à parier qu’elles ne seront jamais satisfaites de leur vie.

Pour ma part, j’ai fait le choix d’accompagner celles et ceux qui souhaitent s’élever.
Non pour devenir parfaits.
Mais pour devenir plus conscients que leurs pulsions, leurs automatismes et leurs héritages invisibles.

Car être humain, ce n’est pas nier l’instinct.
C’est apprendre à ne pas en être prisonnier.

Et parfois cela passe par être honnête avec soi et l’autre car cela permet de trouver un accord de fonctionnement commun qui permettra de définir un cadre de fidélité qui réponde au besoin de l’un ou de l’autre.

Il existe donc différentes pistes pour que l’infidélité ne soit plus un problème :

  • apprendre à mieux se connaitre et reconnaitre nos besoins propres.
  • réaliser un travail systémique (généralement en individuel) pour se libérer des loyautés et dynamiques inconscientes
  • trouver un accord de couple (en couple par définition)

Si vous souhaitez être accompagné.e, je suis à votre service.

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– en visio où que vous soyez dans le monde
en cabinet privé à Grasse St Antoine (06 – Paca – France).

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