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La peur de perdre nous fait souvent perdre ce que nous cherchons à garder

La peur de perdre est l’une des formes les plus insidieuses que peut prendre la peur.
Elle apparaît souvent lorsque quelque chose devient profondément précieux pour nous : une relation amoureuse, un projet professionnel, une amitié, une réussite ou même une certaine image de nous-mêmes.

À première vue, vouloir protéger ce qui compte c-vraiment pour nous semble naturel.
Pourtant, lorsque la peur de perdre prend les commandes, elle transforme peu à peu notre manière de penser, de ressentir et d’agir… de façon généralement dysfonctionnelle.

Et c’est là que naît le paradoxe : en cherchant à éviter une perte redoutée, nous créons les conditions qui la rendent inévitable.

Ce que nous craignons de perdre finit souvent par nous posséder

Nous croyons généralement que nous souffrons parce que nous risquons de perdre quelque chose.
Mais, en réalité, nous souffrons souvent davantage de l’idée que nous ne pourrions pas supporter cette perte.

À partir de cet instant, notre énergie cesse d’être consacrée à vivre pleinement ce qui est présent.
Elle est mobilisée pour que nous puissions échafauder des plan pour empêcher un futur redouté.
Et cela finit par nous hanter à plein temps.

Surveiller par crainte

Nous surveillons, anticipons, cherchons à contrôler (de préférence ce qui ne dépend pas de nous).
Nous cherchons à obtenir des garanties qui n’existent pas.
Et puis, nous voulons être rassuré.e.s et que l’autre ou les autres anticipent nos besoin de réassurance sans que nous n’ayons à les demander (évidemment !)

Et, pendant tout ce temps, notre regard n’est plus tourné vers nous ou la relation, mais vers la menace imaginaire de sa disparition.

Comme un jardinier qui passerait ses journées à vérifier que ses fleurs ne fanent pas, nous oublions parfois de les arroser.

La peur de perdre transforme l’amour en stratégie de survie

Lorsqu’elle s’installe dans une relation amoureuse, la peur de perdre l’autre (ou la relation – l’autre étant relayé à une place de PNJ*) agit souvent de manière discrète.

Elle ne se présente pas comme un problème. Puis, se déguise en amour, en attention pour devenir, une vigilance. Et impliquer de nous un dévouement sans faille et sans limite.

Une personne commence à faire davantage de concessions qu’elle ne le souhaiterait réellement. Le compromis devient la règle et la négation de soi et de nos propres besoins la règle. C’est le début d’une chute fracassante annocée.

La personne va scrupuleusement éviter certains sujets sensibles.

Le but étant se supprimer tout risque de conflit ou de confrontation.
Puis, elle va progressivement renoncer à exprimer besoins ou ses désaccords. Afin de ne pas avoir à dévoiler une option d’idée, de points de vue…
Ainsi, vont commencer à naitre des frustrations silencieuses, insidieuses et pernicieuses. Et celles-ci vont lentement commencer à ronger la personne de l’intérieur.

Cette dernière prolongera l’élan en adaptant ses comportements pour éviter toute tension susceptible de menacer la relation. Elle va s’auto-juguler, se contraindre, s’effacer… Peu à peu, elle s’efface, se vide de sa substance et ne nourrit plus le lien.

Son objectif est de tenter de sécuriser le lien.
Mais ce lien devient un attachement, limitant et contraignant. Au lieu de relier les deux partenaires, il retient et maintient l’autre dans une immobilité destructrice

Or une relation ne peut pas respirer lorsque l’un des partenaires se réduit lui-même pour préserver le couple.

Quand nous nous abandonnons pour éviter d’être abandonné.e.s

C’est probablement l’un des mécanismes les plus douloureux de la peur de perdre.

Pour éviter qu’une relation ne s’arrête, certaines personnes commencent inconsciemment à se quitter elles-mêmes. Cela se fait progressivement, petit à petit.

Elles commencent par mettre l’autre sur le devant de la scène et des projecteurs. Puis, elles mettent leurs besoins en arrière-plan. Ainsi, elles commencent pas se nier, elles s’oublient, s’effacent. Leurs limites deviennent floues et leurs aspirations sont reportées à plus tard.

Leur vérité est parfois remplacée par ce qu’elles pensent devoir dire ou faire pour être aimées.
Toute leur réalité est gommée par la peur et le besoin d’être acceptées. Leur terreur serait d’être rejetée, repoussées, abandonnées.

Le paradoxe est cruel.
Car alors, c’est exactement ce qu’elles ont en train de mettre en oeuvre et elles se l’infligent à elles-même.

À force de vouloir préserver la relation, elles perdent progressivement la relation la plus importante de leur existence : celle qu’elles entretiennent avec elles-mêmes.

Quand la peur de perdre devient une prophétie autoréalisatrice

Deux couples, deux destinées :

Première configuration

Sophie redoute profondément de perdre Marc.
Lorsqu’il rentre fatigué ou préoccupé, elle imagine immédiatement que quelque chose ne va plus entre eux.
Alors, elle cherche obsessionellement à être rassurée.

Pose de nombreuses questions sans réellement obtenir les réponses qu’elle souhaite. Mais comme si sa vie en dépendait. Alors que Marc accablé par la fatigue n’est pas disponible pour ce type d’échanges. Elle interprète alors ses silences et sa demande d’être tranquille comme du désamour..

Alors, par peur de le perdre, elle se met à éviter les sujets qui pourraient provoquer un conflit. Elle accumule de petites frustrations qu’elle n’exprime pas. Mais, elle commence à avoir des réactions grinçantes « sans fondement » et à verbaliser des remarques qui ne semblent avoir aucun sens.

Marc ressent progressivement une pression qu’il ne comprend pas totalement.
Il a parfois l’impression que chacune de ses attitudes est observée, interprétée ou évaluée. Il se sent acculé, attaqué et commence à être sur la défensive car il ne comprend pas ce qui lui est reproché.

Sans le vouloir, Sophie transforme l’amour en terrain de surveillance et d’expressions de frustrations ravalées.
Le couple finira par s’arrêter à causes des conflits insolubles qui y prendront racine sans qu’il y ait eu un véritable évènement initiateur de la rupture.

Maintenant imaginons une autre version de leur histoire.

Sophie éprouve toujours de la peur. Mais elle accepte qu’aucune relation ne puisse offrir une garantie absolue.
Elle accepte également qu’elle survivrait si un jour cette histoire devait prendre fin. Car elle a compris qu’elle a une identité propre qui existe et survivra au-delà de la relation.

Cette simple différence change tout.

Lorsqu’elle se sent inquiète, elle ne formule plus une accusation. Elle partage cette vulnérabilité à Marc. Sans l’accuser et sans lui reprocher une faute qui n’est pas la sienne mais qui est la manifestation de la peur de Sophie

Elle prend le temps de lui partager son « mode d’emploi » personnel : « Je remarque que je me sens insécure ces derniers jours et j’aurais besoin de comprendre ce que tu traverses. »

Marc n’a plus besoin de se défendre. Il peut écouter, répondre. partager lui aussi ses préoccupations sans recevoir ni jugement ni critique. Sophie accepte aussi qu’il puisse exprimer ses propres limites.
Un :
– Chérie, je t’aime, j’ai plaisir à être avec toi mais j’aimerais qu’on dine dans le silence »

Est devenu acceptable et la demande peut-être respectée pour ce qu’elle est : pas l’annonce du début d’une guerre froide

Le couple cesse d’être un champ de bataille entre les peurs de chacun. Il devient un espace où chacun peut exister pleinement.

Accepter la perte pour retrouver la liberté d’aimer

Cette idée est souvent mal comprise.
Elle est pourtant fondamentale.

Vouloir conserver, préserver et nourrir la relation, oui, mais pas à tout prix !
Sinon gare à la destruction collective !
– Lætitia TRILLEAU

Accepter la possibilité de perdre quelqu’un ne signifie pas devenir détaché.e ou indifférent.e.
Cela signifie renoncer à l’illusion que nous pourrions contrôler l’autre et l’avenir.

L’amour mature ne repose pas sur la certitude que l’autre restera. Il ne rentre pas dans la perspective de ROI (Retour sur Investissement)

L’Amour et le couple a pour fondement que chaque jour, nous choisissons librement de continuer à nourrir la relation aujourd’hui.
Non pas parce qu’elle est garantie mais parce qu’elle est vivante.

Une relation, on sent lorsqu’elle commence,
mais pas quand elle va finir.

– Lætitia TRILLEAU

Lorsque nous cessons de vouloir retenir l’autre, nous devenons paradoxalement plus disponibles à la rencontre. Nous écoutons davantage, contrôlons moins, exprimons nos besoins sans exiger. Et, nous accueillons les différences sans les vivre comme une menace.

Pour conserver quelque chose favorablement, il faut être prêt.e à le perdre

Tout ce que nous aimons, ou n’aimons pas, est destiné à changer. Les relations évoluent. Les situations se transforment.
La vie est un changement permanent et sans fin. Les saisons passent. Les êtres grandissent. La Vie est transformation tout ce qui la compose est changeant et éphémère. Vouloir empêcher le changement, c’est s’opposer à la Vie. Or, dans son combat, c’est toujours la Vie qui gagne !

Résister à cette réalité nous enferme dans une lutte permanente contre la vie elle-même.
L’accepter ne supprime pas la douleur des pertes éventuelles. Mais cette acceptation nous libère de la souffrance supplémentaire créée par la tentative incessante de retenir ce qui cherche à suivre son propre mouvement. Et puis cela nous préserve de mourir de l’intérieur.

Paradoxalement, c’est souvent lorsque nous sommes prêt.e.s à perdre ce qui nous est le plus cher que nous créons les conditions les plus favorables à son épanouissement.

Car ce qui grandit dans la liberté développe des racines bien plus solides que ce qui survit sous la contrainte.

Vous rencontrez des difficultés dans votre relation et vous souhaitez améliorer la situation ?

Plusieurs possibilités s’offre à vous :

Vous et votre partenaire avez conscience que vous avez besoin d’être aidée.s :
optez pour un accompagnement de couple – c’est à dire que vous serez présent.e.s tou.te.s les deux
En cabinet Grasse (06) : en couple
A distance (en visio) : en couple

Vous savez ou pensez que le problème vient principalement de vous et vous souhaitez travailler sur vous ou vous savez ou êtes convaincu.e que votre partenaire refusera un accompagnement mais vous souhaitez tout de même faire votre part : l’accompagnement individuel est fait pour vous
En cabinet Grasse (06) : en individuel
en distanciel (en visio) : en individuel 


*PNJ : Personnage Non Joueur. Cette expression vient des jeux vidéo dans lesquels le PNJ n’ont aucune autre utilité que celle de pouvoir mettre en scène l’intrigue

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