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Dépression et psychose post-partum, ce que le symptôme raconte du système familial

Au travers de cet article, je vous propose une lecture systémique et transgénérationnelle de trois situations liées à la dépression et psychose post-partum, qui ont pu être révélées par la pratique des constellations familiales.
Attention, cela ne veut pas dire que le symptôme a toujours la même source.

La dépression post-partum et la psychose post-partum sont généralement abordées à partir de leurs dimensions médicales et psychologiques. Ces lectures sont indispensables.

La psychose post-partum constitue notamment une urgence psychiatrique qui nécessite une prise en charge spécialisée immédiate.
Pour autant, reconnaître cette nécessité n’interdit pas de poser une autre question, située sur un plan différent : que se passe-t-il dans le système familial au moment où une femme devient mère ?

Cet article ne propose ni une explication médicale de ces troubles ni une interprétation relevant de la psychologie individuelle.

Il explore une lecture systémique phénoménologique issue de la pratique des constellations familiales initiée par Bert Hellinger et diffusée, notamment, par Gunthard Weber ainsi que de ma pratique personnelle de professionnelle.

Cette approche ne cherche pas à expliquer le fonctionnement psychique de la femme ni à se substituer aux soins nécessaires.
Elle observe les places, les appartenances, les exclusions et les loyautés qui traversent un système familial.
La pratique des constellations familiales et systémiques, dans ce cadre, s’intéresse à ce qui peut être remis en mouvement, à l’occasion d’une naissance, dans une histoire commencée bien avant celle de la mère et de son enfant.

Dans les faits, une naissance ne fait pas seulement entrer une nouvelle personne dans une famille. Elle redistribue les places et les rôles. Et parfois, cela est source de grandes difficultés auxquelles rien n’aurait laissé présager.

D’autres points sont généralement les mêmes : lorsqu’un enfant né, une femme devient mère et un homme devient père pour la première fois ou à nouveau. Des parents deviennent grands-parents. Un premier enfant cesse d’être enfant unique.
Et dans d’autres configurations, en plus de cela, une fille peut recevoir le prénom d’une morte. Un garçon peut devenir, sans le savoir, l’héritier attendu depuis plusieurs générations.

La famille se transforme dans le présent, mais cette transformation peut aussi réveiller des résonances silencieuses du passé. Et le système désigne des volontaires pour hériter de situations du passé qui demandent à être neutralisées, régulées, révélées, reconnues, entendues, nommées… Un système cherche toujours à faire en sorte que les dettes (réelles ou symboliques) soient remboursées et les préjudices réparés.

Regarder le symptôme sans prétendre l’expliquer médicalement

Dans une lecture centrée sur l’individu, le symptôme appartient à la personne qui le manifeste.
Dans une lecture systémique, il peut également être considéré comme l’expression visible d’une dynamique qui concerne un ensemble plus vaste.

Cela ne signifie pas que le système familial « provoque » à lui seul une dépression ou une psychose.
Cela signifie qu’au moment de leur apparition, la forme qu’elles prennent et les représentations qui les accompagnent peuvent entrer en résonance avec une histoire familiale ancienne et non-résolue. cette histoire est donc pré-existante à la naissance et souvent oubliée.

La question n’est alors plus seulement :

« Pourquoi cette femme s’effondre-t-elle après avoir donné naissance ? »

Elle devient également :

« Que vient bouleverser l’arrivée de cet enfant dans l’ordre ancien de la famille ? »

La femme qui vient d’accoucher peut être saisie par une peur dont elle ne connaît pas l’origine.

Cette peur, voir cette terreur, ne se présente pas toujours sous la forme d’une pensée consciente, mais comme une évidence intérieure plus ancienne. C’est comme une voix qui ne cesserait de lui sussurrer :

« Maintenant qu’elle/il est là, tu ne sers plus à rien. »

« J’ai rempli ma fonction, désormais, je peux disparaître. »

« Maintenant que j’ai enfanté, je n’ai plus d’utilité. »

« Il n’y a pas de place pour nous deux. »

Ces phrases ne constituent pas une définition de la dépression ou de la psychose post-partum.
Elles donnent des mots à certaines dynamiques observées en constellation.

Ce que permet une constellation réalisée à l’aveugle

Dans les constellations de groupe que je facilite en présentiel, les représentant.e.s ne connaissent ni la problématique que souhaite aborder la personne constellée. Ni l’identité ou la nature de ce qu’ils/elles représentent.

Les représentant.e.s ne savent pas, par exemple, s’ils/elles occupent la place d’une mère, d’un enfant, d’un ancêtre, d’un symptôme ou d’un autre élément du système. Ils/elles ne disposent d’aucun récit à interpréter et d’aucun scénario à reproduire.
Cette absence d’information réduit le risque de voir apparaître un jeu de rôle construit à partir de ce que chacun croit avoir compris de la situation. Comme ce qui peut-être pratiqué lors de séances de psycho-drame. La différence dans ces pratiques est importantes et essentielles. Chacune ayant son utilité.

Les représentant.e.s sont invité.e.s à être attentif/ve.s à ce qui se passent dans leur corps. La pratique des constellations est phénoménologique, elle est possible grâce à la collecte des perceptions, émotions, répulsions et attractions… Elle passe aussi par l’observation du langage non verbal, les micro-mouvements, la mise en perspective dans l’espace, les mouvements qui émergent et les modifications provoquées par l’introduction d’un autre élément.

La constellatrice ou le constellateur n’a pas pour fonction de plaquer immédiatement une explication sur ce qui apparaît.

Elle/il observe. Elle/il laisse la configuration se déployer suffisamment pour que les places et les mouvements deviennent perceptibles.

Il arrive alors que la personne initialement placée pour représenter un symptôme semble progressivement prendre la place d’un membre du système qui se révèle durant le déroulé de la constellation. Ce qui était nommé « dépression » ou « psychose » ne se présente plus seulement comme un trouble attaché à la femme actuelle. Le symptôme conduit vers une personne oubliée, exclue, qui porte un préjudice ou qui demeure sans reconnaissance face à son destin et ce que lui a couté de faire partie du système.

CI-après, je vous rapporte 3 configurations rencontrées à titre d’exemple pour vous permettre de comprendre comment une naissance peut réactiver ces enjeux de place, de loyauté et de survie.

La dépression post-partum du prénom qui exclue

Une femme devient mère en donnant naissance à une fille.
Après l’accouchement, elle sombre dans une dépression post-partum.

La naissance semble avoir provoqué une rupture inattendue.
La femme attendait pour l’arrivée de son enfant avec Joie et impatience. Elle avait tout préparé avec attention et minutie. Elle et le père s’attendaient à un heureux évènement.

Pourtant, l’arrivée de l’enfant n’a pas créé de toutes pièces la fragilité de la place occupée par cette femme.
Elle l’a rendue manifeste.

En posant la constellation, la configuration a pu se révéler.
Le bébé fille est intriquée* avec la mère du père.

*Intriqué.e signifie qu’elle porte la mémoire de cette personne. Elle prend la suite, le relais.

La naissance n’est pas la cause, elle est l’agent de révélation

Or, le mari est resté profondément lié à sa propre mère défunte.
Il tenait (dans la constellation) à rester à son coté comme si il était son compagnon de vie.
La configuration montrait clairement ce que l’on appelle, dans un langage volontairement imagé, un « petit garçon à barbe ».
C’est-à-dire un homme devenu adulte en apparence, mais qui demeure intérieurement le fils de sa mère à qui la place de compagnon a été donnée avant d’être pleinement le partenaire de sa femme.

La grand-mère paternelle est morte avant que la rencontre du couple ait eu lieu, mais la mort n’a pas interrompu cette loyauté mère-fils. Au contraire, cela a figé le lien, a empêché la séparation. La défunte reste présente dans la système sous la présence de la fille qui vient de naitre.
Ainsi, la femme qui partage la vie de cet homme n’a jamais véritablement obtenu la première place auprès de lui. Elle vit avec un conjoint dont une part essentielle demeure tournée vers sa mère absente.

Ce que j’apprendrais par la suite en débriefant post-constellation c’est que leur fille a hérité du prénom de la grand-mère défunte.
Ce choix étant présenté comme un hommage.
D’un point de vue systémique et aussi dans un cadre de psycho-généalogie, il produit cependant un mouvement plus profond. La loyauté que l’homme adressait à sa mère se déplace vers sa fille, qui porte désormais son prénom.

Le prénom comme témoin de l’héritage transgénérationnelle

Ainsi, l’enfant n’est plus seulement sa fille.
Elle devient aussi, symboliquement, celle qui représente la femme préférée.

La mère de l’enfant, qui ne disposait déjà que d’une place incertaine auprès de son conjoint, se retrouve à nouveau reléguée ailleurs. Cette fois, la femme placée devant elle n’est plus une belle-mère défunte avec laquelle aucune confrontation réelle n’est possible. C’est sa propre fille.

Elle ne peut ni lutter contre son enfant ni lui reprocher d’être aimée. Elle ne peut pas davantage demander à une morte de lui rendre une place. Le conflit devient insoluble sur le plan visible.

Dans cette configuration, le mouvement dépressif peut être regardé comme un effacement :

« Je n’étais déjà pas vraiment la femme choisie.
Maintenant qu’elle est là, bien vivante
et qu’elle porte son prénom et son nom,
il n’y a définitivement plus de place pour moi. »

La constellation met également en lumière une répétition plus ancienne. Dans la lignée, une femme avait déjà perdu sa place de préférée au profit d’une autre. La naissance actuelle ne crée donc pas seulement un triangle entre un homme, sa femme et leur fille. Elle réactive un ordre ancien dans lequel une femme cesse d’exister dans le regard de l’autre dès qu’une nouvelle figure féminine devient l’objet de sa préférence.

La fille n’est évidemment responsable de rien.
Le père ne décide pas, en conscience, de remplacer sa femme par son enfant.
La mère elle-même ignore la profondeur de ce qui se rejoue.
Chacun occupe une place guidée par des loyautés qui le dépassent.

Le travail systémique consiste alors rétablir les places de chacun.e, notamment en différenciant les liens.

La défunte doit pouvoir retrouver sa place de grand-mère paternelle et sa place de défunte.
La fille doit être libérée de la fonction de représenter sa grand-mère.
L’homme doit pouvoir regarder sa compagne depuis sa place d’homme et de partenaire bien vivant. Il doit choisir de quitter la place du compagnon de sa mère. Il doit prendre la place du fils, puis celui du compagnon, puis choisir la vie auprès de sa compagne et de sa fille qui doit prendre une place d’enfant.

La femme peut alors cesser de se trouver en concurrence avec une morte et avec sa propre fille.

La dépression post-partum de la naissance de l’héritier

Dans la deuxième situation, une femme devient mère pour la seconde fois.
La première fois, elle a donné vie à une fille et tout a été formidable.
Une grossesse idéale, un accouchement idéal, une enfant facile et agréable.
Cette fois, elle donne naissance à un garçon.

Les parents présageaient d’un événement qui s’annonçait heureux.
Pourtant, après l’accouchement, la mère entre dans un profond mouvement d’effondrement intérieur.

La lecture systémique conduit vers le destin d’une femme de sa lignée ayant vécu dans un autre contexte historique et culturel.
Son mariage avait été arrangé.
Il ne reposait ni sur un choix réciproque ni sur un lien amoureux.
La place de cette aïeule auprès de son mari dépendait avant tout de la fonction qu’elle remplissait pour la famille : donner une descendance et, plus particulièrement, mettre au monde un héritier.

Tant que le fils attendu n’était pas né, cette femme demeurait nécessaire.

Lorsqu’elle donna enfin naissance à un garçon, elle accomplit ce pour quoi elle avait été choisie.
L’héritier était là. La continuité du nom, du patrimoine ou de la lignée masculine était assurée.

La femme pouvait désormais disparaître.
Elle ira spontanément s’allongée à coté de l’ancêtre morte d’un manque d’amour. En disant :

Ma place est ici auprès d’elle. Je suis comme elle.

Il ne s’agit pas nécessairement d’une disparition organisée de manière explicite.
Ici, la constellation a donné peu d’information.
Or, il convient, de respecter une des règles fondamentales de systèmes familiaux et de ne pas chercher à creuser car :

Ce qui appartient au grands ne regardent pas les petits… même s’ils héritent des conséquences.

Cette ancêtre a pu mourir, être répudiée, remplacée, écartée ou perdre toute valeur dans le regard de sa famille.
Quelle qu’en soit la forme, l’ordre implicite était le même.
Sa fonction avait justifié sa présence et l’accomplissement de cette fonction la rendait inutile.

Des générations plus tard, une descendante donne à son tour naissance à un garçon.

Rien, dans sa vie consciente, ne devrait l’amener à conclure qu’elle doit mourir ou s’effacer.
Son couple, son époque et ses conditions de vie peuvent être entièrement différents.
Pourtant, le système reconnaît une situation ancienne : un fils héritier vient de naître.

La femme actuelle peut alors se trouver intriquée avec celle qui l’a précédée.
Elle ne se souvient pas de l’histoire et pourtant, elle la porte.
Et, elle semble néanmoins en reprendre le mouvement :

« L’héritier est né.
Ma tâche est terminée.
Je n’ai plus d’utilité.
Je n’ai plus qu’à disparaitre.»

La naissance du premier enfant n’avait pas déclenché le même effondrement.
Ce deuxième accouchement ne représente pas seulement une nouvelle maternité.
Le sexe de l’enfant vient correspondre à un élément décisif du destin ancestral.

Il serait pourtant incorrect d’en conclure que la naissance d’un garçon produit nécessairement une telle dynamique. Elle ne le fait que lorsqu’elle rencontre une histoire familiale particulière, dans laquelle la venue d’un fils a autrefois marqué la fin de la place accordée à une femme.

L’enfant actuel ne cause pas l’effondrement de sa mère.

Sa naissance agit comme le point de rencontre entre le présent et une histoire ancienne qui n’a pas encore été pleinement reconnue.

Le mouvement de régulation consiste à rendre à l’ancêtre son destin et sa dignité.
Elle n’était pas seulement celle qui devait produire un héritier.
Elle était une femme, indépendamment de la fonction que son époque et sa famille lui avaient assignée.

Dans la constellation, la régulation partait du descendant qui a reconnue son aïeule comme ayant une place à part entière dans la famille.
Puis, il reconnait que son épouse n’est pas son aïeule.
Puis les deux reconnaissent et s’inclinent face au destin de cette ancêtre et lui offre une place dans leur coeur.
L’aïeule peut alors s’endormir et rejoindre la paix éternelle.

Quand la psychose post-partum conduit vers une femme éliminée

La troisième situation concerne une femme qui donne naissance à une fille et développe une psychose post-partum.

Une constellation est posée.
Sont mises en perspective la mère, l’enfant et la psychose.
Les représentant.es ignorent la problématique ainsi que la nature et l’identité de ce/qui ils représentent.

la mère, la fille et la psychose post-partum

Au cours du travail, la psychose ne semble plus pouvoir être considérée seulement comme une manifestation appartenant à la jeune mère. Sa représentante de la psychose prend la consistance d’une personne reliée au système.
Une intrication apparaît.

La constellation conduit vers une histoire ancienne concernant un père, une mère et leur fille.

Au fil de sa vie, cette enfant s’est installée dans une place qui n’était pas la sienne.
Elle ne s’est pas contentée de demeurée la fille de son père. Elle a progressivement occupé auprès de lui la place de la femme, tandis que la mère perdait la sienne.

La constellation montre que la fille est allée jusqu’à éliminer sa mère.
La représentante de la psychose tremblait en serrant les poings jusqu’à lâcher :

Elle m’a tuée !

Face à un tel acte, la psychologie chercherait légitimement à comprendre la structure de personnalité de cette fille, ses motivations ou la nature du lien entretenu avec son père.
On pourrait être tenté.e.s d’évoquer un mouvement œdipien ayant pris une forme extrême.
Voire de supposer une organisation sociopathique.
Ce n’est toutefois pas l’objet de la lecture proposée ici et aucun diagnostic rétrospectif ne peut être posé à partir d’une constellation.

Le regard systémique s’arrête sur un autre aspect : une fille a pris la place de sa mère auprès du père et la mère a été supprimée.

L’ordre des générations et des places a été profondément transgressé.
Le système demande réparation pour pouvoir retourner à l’équilibre.
La fille n’est pas restée à sa place d’enfant.
La mère a été privée de son appartenance, de sa place, de son rôle et de sa vie.
Le père a laissé ou favorisé une confusion entre le lien filial et la place conjugale.

Un événement d’une telle gravité ne disparaît pas nécessairement du système parce que le temps passe ou que les générations suivantes n’en parlent plus. Le silence peut même renforcer l’absence de reconnaissance.
La victime demeure sans place, l’acte sans mots et la culpabilité sans destinataire clairement reconnu.

Lorsqu’une descendante donne naissance à une fille, la configuration mère-fille se présente à nouveau et réactive la mémoire du système.

La naissance actuelle rencontre la trace laissée par l’ancienne histoire

Une mère et une fille sont de nouveau face à face.
Dans la mémoire du système, cette relation n’est pas seulement associée à la tendresse, à la transmission et à la continuité féminine. Elle porte aussi l’empreinte d’une substitution mortelle.

Dans la psychose et aussi dans la plus spécifique dépression post-partum, les frontières entre les époques, les personnes et les niveaux de réalité peuvent se mélanger.
La jeune mère ne fait pas consciemment le lien avec l’ancêtre.
Elle peut pourtant se trouver saisie par une terreur qui ne correspond pas seulement à ce qui se passe dans le présent.

La fille qui vient de naître peut être inconsciemment confondue avec celle qui avait pris la place de sa mère. La mère actuelle peut, quant à elle, se trouver identifiée à la femme éliminée. Le passé et le présent se superposent. L’arrivée de l’enfant devient porteuse d’une menace existentielle :

« Si elle vit et grandit,
je devrai disparaître. »

Ou, dans un mouvement inverse :

« Pour que je conserve ma place,
elle ne doit pas prendre celle qui est la mienne. »

Cette formulation ne signifie pas que toute psychose post-partum dissimulerait un meurtre ou une rivalité entre une mère et sa fille. Elle permet de comprendre la logique singulière apparue dans cette constellation.

Le symptôme conduit vers une horreur demeurée sans reconnaissance suffisante.

Quelqu’un doit enfin regarder la femme éliminée, nommer la transgression et restituer à chacune sa place.

La mère est la mère.
La fille est la fille.
La place de femme auprès du père n’appartient pas à l’enfant.
La victime appartient à la famille et son élimination ne lui retire pas son droit d’en faire partie.

La régulation ne consiste pas à réparer le passé ni à prétendre effacer ce qui s’est produit. Elle commence lorsque le système peut cesser de demander à une descendante et à son enfant de représenter celles qui les ont précédées.

La naissance révèle parfois une place qui n’a jamais été assurée

Ces trois situations sont différentes, mais elles ont un point commun : la naissance rend visible un conflit de place.

1️⃣ – Dans la première, une femme déjà reléguée perd symboliquement sa place lorsque sa fille reçoit le prénom et hérite de la prévalence autrefois adressée à la mère défunte de son conjoint.

2️⃣ – Dans la deuxième, la naissance d’un garçon réactive le destin d’une ancêtre dont l’utilité s’achevait avec la venue de l’héritier.

3️⃣ – Dans la troisième, l’arrivée d’une fille remet en présence une configuration ancienne dans laquelle une enfant avait pris la place de la femme auprès de son père, jusqu’à l’élimination de sa mère.

La dépression post-partum apparaît alors comme un possible mouvement d’effacement :

« Il n’y a plus de place pour moi. »

La psychose peut manifester une désorganisation beaucoup plus radicale des places et des temporalités :

« L’une de nous doit disparaître pour que l’autre puisse vivre. »

Il ne s’agit pas de définitions médicales.
Ce sont des formulations systémiques donnant accès à la logique interne de certaines configurations observées en constellation.

Une lecture complémentaire qui ne remplace jamais les soins

Une lecture systémique de la dépression ou de la psychose post-partum ne doit jamais conduire à retarder une évaluation médicale, psychiatrique ou psychologique.

La psychose post-partum peut apparaître brutalement dans les jours ou les semaines suivant l’accouchement.
Confusion, hallucinations, convictions délirantes, agitation inhabituelle, désorganisation du comportement et variations extrêmes de l’humeur nécessitent une prise en charge spécialisée immédiate.
La sécurité de la mère et de l’enfant est prioritaire.

La dépression post-partum demande également à être repérée et accompagnée.
Elle ne doit pas être réduite à un manque de volonté, à une difficulté ordinaire d’adaptation ou à une problématique transgénérationnelle que la mère devrait résoudre seule.

Le travail systémique intervient sur un autre plan et observe la dépression post-partum en tant que dynamique systémique

Il ne pose pas un diagnostic, ne prescrit pas de traitement et ne prétend pas expliquer l’ensemble des facteurs biologiques, médicaux, sociaux ou psychiques impliqués.

Il ouvre un espace supplémentaire de compréhension :

  • « Avec quoi la naissance de l’enfant résonne-t-elle ? »
  • « En quoi devenir mère a une incidence sur le reste ? »
  • « À qui cette femme est-elle reliée au moment où elle semble perdre sa propre place ? »
  • « Quel destin se répète à travers elle ? »
  • « Quelle exclusion demande à être reconnue ? »
  • « Que vient réactiver la naissance de cet enfant dans l’histoire de la lignée ? »

Parfois, le symptôme semble parler une langue que la personne ne connaît pas encore.
Ou, la personne indique que c’est plus fort qu’elle. Elle décrit le lien à ce qui est plus grand qu’elle. Entendez : la force du système.
La constellation ne traduit pas cette langue à partir d’un dictionnaire établi.

Elle rend visible une configuration, puis cherche le mouvement qui permettra à chacun de retrouver sa juste place.

La mère n’a pas à disparaître pour que sa fille puisse vivre.
Elle n’a pas à mourir intérieurement parce qu’elle a donné naissance à un fils.
L’enfant n’a pas à représenter une grand-mère défunte, une rivale ou une femme qui aurait pris la place d’une autre.

Lorsque les destins sont différenciés et que les exclusions sont regardées, la naissance peut cesser d’être vécue par le système comme une substitution.
Une nouvelle personne peut alors arriver sans qu’une autre soit condamnée à s’effacer.

Si vous souhaitez être accompagné.e en constellation ou en systémique dans le cadre d’une dépression post-partum ou dans un autre cadre, je suis à votre service.

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